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Le FMI s'inquiète de l'absence de progrès de la part des États pour réduire leur dette
information fournie par Boursorama avec AFP 15/04/2026 à 15:44

Malgré une situation économique positive avant le déclenchement de la guerre en Iran, les États ont globalement fait peu d'efforts pour réduire leur niveau d'endettement, augmentant l'incertitude quant à leur capacité à faire face aux crises à venir, a alerté mercredi le FMI.

"L'économie était assez solide avant la guerre, et la croissance plutôt bonne d'un point de vue mondial. Malgré tout, nous n'avons observé aucun progrès mesurable pour abaisser déficit et dette", regrette la directrice adjointe du département des affaires budgétaires du Fonds, Era Dabla-Norris, dans un entretien accordé à l'AFP.

Le Fonds monétaire international (FMI) a publié son rapport sur l'état des finances publiques, le Fiscal Monitor, qui dresse un portrait peu flatteur de la situation générale, tous pays confondus.

Dans la majorité des cas, la dette publique a même progressé, atteignant l'équivalent de 94% du PIB mondial l'année écoulée et pourrait atteindre les 100% d'ici à 2029 si rien n'est fait.

"En tenant compte du scénario médian de croissance mondiale, le risque de dette mondiale pourrait être de 116% du PIB, et même 120% dans le pire scénario", s'inquiète Mme Dabla-Norris, "c'est un niveau que l'on a connu qu'au plus fort de la Seconde guerre mondiale".

La crise provoquée par le conflit en Iran pourrait avoir un impact négatif sur les finances publiques.

- "Expansion budgétaire"

"On voit que certains pays envisagent des aides pour soutenir les entreprises et les ménages" alors que, dans le même temps, "les revenus risquent de baisser du fait d'une réduction de l'activité", ce qui au total devrait provoquer "encore plus de déficit et de dette", relève-t-elle.

Le risque, selon Mme Dabla-Norris, est que ces mesures s'inscrivent dans le temps, comme cela a été le cas après la pandémie de Covid-19, car "partout dans le monde, toutes couleurs politiques confondues, la tendance est à l'expansion budgétaire, par une hausse des dépenses ou une baisse des impôts".

"La conséquence est que les pays ne disposent plus des réserves nécessaires quand la crise suivante arrive et ils n'y sont pas préparés, ce qui vient d'autant plus peser sur la dette", détaille la responsable du FMI.

La tendance mondiale à l'endettement est tirée par les deux principales économies, dont les déficits se maintiennent à des niveaux élevés.

Pour les États-Unis, le FMI ne prévoit pas de baisse du déficit à long terme, qui devrait s'établir en moyenne à 7,5% chaque année d'ici à 2031.

De quoi augmenter la dette nette de plus de 15 points, à 115,4% du PIB, sur les cinq prochaines années.

"Cela entraîne des inquiétudes quant à la soutenabilité de la dette, pas uniquement pour les États-Unis", mais aussi pour les autres pays dont le financement peut être rendu plus difficile à mesure que celui du gouvernement américain augmente.

"Nous poussons pour des réformes calibrées et mesurées, de manière à ce que les dépenses se fassent dans un cadre crédible afin de maintenir la dette sur un sentier plus soutenable", assure Era Dabla-Norris.

- Réformes nécessaires -

La situation est relativement similaire en Chine, avec un déficit public qui atteindra au moins 8% par an d'ici à 2031 et une dette brute qui représentera près de 130% du PIB dans 5 ans, contre près de 100% fin 2025.

La dette y reste cependant largement concentrée sur les gouvernements locaux et régionaux, tandis que l'État dispose encore de marges de manœuvre.

"La politique budgétaire a été plus souple et c'est quelque chose que nous avons bien accueilli l'année dernière car c'est nécessaire pour soutenir les foyers en renforçant les filets de sécurité", rappelle Mme Dabla-Norris.

Mais des "réformes fondamentales" sont nécessaires "dans les systèmes de retraite et de santé, la taxation", là encore afin de ramener le déficit "vers un rythme plus soutenable", dans un contexte de ralentissement progressif de la croissance chinoise et de vieillissement de sa population.

Si le FMI appelle la majorité des pays à réaliser des réformes pour disposer de marges en cas de nouvelles crises, Era Dabla-Norris met en avant des exemples d'évolution positive, au Portugal, en Espagne ou en Grèce.

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